A peine élu trésorier national de l’UMP, Dominique Dord a été la cible de certains détracteurs bien connus localement qui se sont déchaînés contre lui en faisant circuler de fausses informations et autres rumeurs sur une prétendue plus-value de 55.000 € réalisée en l’espace de 24 heures lors de la vente d’un terrain. L’histoire n’est pas neuve. Les mêmes, avec les mêmes ficelles, avaient déjà tenté de faire annuler son élection législative en… 2007 ! Porté devant le Conseil constitutionnel, le dossier a été largement étudié avant que le recours formé pour l’annulation de l’élection de Dominique Dord ne soit rejeté. Au final, il ne s’agit aucunement d’avoir réalisé un « bonus » de 55.000 € en un jour mais un bénéfice d’environ 8.700 € sur une opération classique engagée un an et demi plus tôt.
Rappel sommaire des faits et de la procédure :
Monsieur Dominique Dord, député maire d’Aix les Bains, a été proclamé élu député de la Savoie (1ère circonscription) en suite des opérations électorales s’étant déroulées le 10 Juin 2007.
Monsieur Dord a totalisé 51,39 % des suffrages exprimés soit, en nombre de voix 32.621 sur 63.479.
Monsieur G1., candidat à cette même élection, conteste la régularité de l’élection sur des moyens tirés :
- de la méconnaissance des dispositions relatives au financement des campagnes électorales.
Ces moyens seront écartés et la requête rejetée pour les raisons exposées dans les présentes observations.
Sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L 52-8 du Code Electoral par l’acceptation d’un don d’un montant supérieur à 4600 €.
Le requérant expose que Monsieur Dord a réalisé une vente immobilière lui ayant permis de réaliser, selon lui, un bénéfice de 55.000 euros en procédant à l’achat et à la revente d’un terrain à un jour d’intervalle en Janvier 2007.
Au terme d’investigations tout aussi approfondies qu’incomplètes, il croit pouvoir déduire de son enquête que cette plus-value supposée doit être regardée comme une libéralité de 55.000 euros, consentie à Monsieur Dord par son vendeur.
Cette vente ayant eu lieu pendant la période de un an prévue à l’article L 52-4 alinéa 2 du Code Electoral, le requérant entend se prévaloir des dispositions de l’article L.52-8 alinéa 1 du Code électoral au terme desquelles :
« Les dons consentis par une personne physique dûment identifiée pour le financement de la campagne d’un ou plusieurs candidats lors des mêmes élections ne peuvent excéder 4.600 euros ».
Un tel moyen manque en fait et en droit.
En fait :
1/ Sur la chronologie de la vente :
la vente dont il s’agit, qui a manifestement attisé la curiosité du requérant, ne s’est pas déroulée sur un jour mais sur une période d’un an et demi et la chronologie de cette vente peut se décrire de la façon suivante :
le 28 Décembre 2004 survient le décès de Madame D., propriétaire au Bourget du Lac d’une parcelle de terrain non viabilisée cadastrée section G 106, pour une contenance de 53ares 75 centiares (5375 m2).
Les héritiers de feu Mme D1., à savoir ses quatre neveux M, deviennent ainsi propriétaires indivis de ce terrain qu’ils souhaitent vendre.
Monsieur Dord manifeste son intérêt pour l’acquisition de ce terrain dès le premier semestre 2005, tant et si bien que Me D2, notaire de l’hoirie M., est chargé par ceux-ci d’établir en juin 2005 un projet d’avant contrat de vente d’immeuble par lequel l’hoirie M. et les époux Dord s’engagent réciproquement à vendre et acheter ce terrain de 5375 m2 pour un prix de 530.000 euros (production).
Les époux Dord n’ayant pas utilité à acquérir une surface aussi importante se rapprochent alors de Monsieur G2., avec lequel ils entretiennent des relations tant amicales que politiques pour lui proposer de s’associer à cet achat. Monsieur G2. accepte.
Un avant contrat de vente d’immeuble est alors passé entre l’hoirie M., venderesse, et une Sci Dord-G2 (D-G). Par ce contrat, les parties s’engagent réciproquement au titre de la vente du terrain considéré (5375 m2) au prix de 530.000 euros.
L’acte est assorti d’un certain nombre de conditions suspensives, dont notamment l’obligation pour l’hoirie venderesse de diviser le terrain en quatre lots de terrain à bâtir, d’une clause pénale réciproque fixant une indemnité de 26.500 euros en cas de non réalisation de la vente du fait de l’inaction d’une partie et d’un terme.
Les vendeurs ont pris du retard au titre de la division du terrain, qui n’a été reçue par Me D2. que le 7 Avril 2006 (retard qui aurait d’ailleurs justifié paiement de la clause pénale à la Sci). Un retard a également affecté l’intervention des entreprises de viabilisation et un différend a un temps séparé les parties car lors de la division du terrain il a été constaté que celui-ci était d’une superficie de 5412 m2 et non de 5375 m2 comme indiqué au compromis.
Par ailleurs, le Trésor Public ayant inscrit en Septembre 2005 une hypothèque légale sur la parcelle G 106 pour sûreté et garantie du paiement des droits de succession s’élevant à 83.529 euros, Monsieur Dord a payé par anticipation à son vendeur le 27 octobre 2006 la somme de 60.000 euros pour lui permettre de faire face à ce paiement, ce qui explique que l’acte de vente finalement conclu le 8 Janvier 2007 fasse mention de ce paiement venant en déduction du prix de vente.
Entre temps, et notamment par une offre d’achat du 30 décembre 2005 émanant de l’agence immobilière S., les consorts F. ont offert d’acheter l’un des quatre terrains issus de la division pour la somme de 160.000 euro (150.000 euros et 10.000 euros de frais d’agence), soit le terrain nouvellement cadastré G 898 pour une surface de 900 m2.
Il est à noter que le destinataire de cette offre est Monsieur G2., et non les M. (ainsi que cela résulte des pièces produites par le requérant lui-même) qui d’une part ne pouvaient plus disposer du terrain en l’état du compromis conclu avec la Sci D-G2., et d’autre part souhaitaient traiter avec un interlocuteur unique au titre de la vente du terrain dont s’agit.
Pour être complet il faut également préciser que l’intégralité du terrain (5375 m2) a été viabilisé et notamment la parcelle vendue aux consorts F., Monsieur Dord ayant payé sa quote part de travaux le 9 janvier 2007 (jour de la vente aux consorts F.) pour un montant de 14.000 euros.
Cela est si vrai que les annexes à l’acte de vente Dord / F., que le requérant s’est bien gardé de communiquer, décrivent sur quatre pages l’intégralité des travaux que la Sci ou Monsieur Dord ont fait réaliser au titre de la viabilisation du terrain « afin de permettre la réalisation de 4 lots constructibles, destinés à recevoir des habitations individuelles ou groupées numérotées 1 à 4 ».
Cela est également confirmé par l’engagement contractuel souscrit par les vendeurs (les époux Dord) au profit des acquéreurs (M. F. et Mlle G3.) et au terme duquel : « les parties aux présentes précisent ici que les travaux d’aménagement, électricité, voirie, eaux usées et pluviales, à la charge du lot vendu aux présentes et prévues par le cabinet V., géomètre expert, seront supportés en totalité par les époux Dord, qui acceptent. Les travaux devront être terminés pour le 31 Janvier 2007 ainsi que s’y obligent les époux Dord ».
Ainsi, si les actes concernant l’une des quatre parcelles objet de la division ont effectivement été réitérés devant notaire à 24 heures d’intervalle, il n’en demeure pas moins qu’ils constituent l’aboutissement d’un an et demi de négociations tant avec les vendeurs (hoirie M.) qu’avec les acquéreurs (consorts F.). L’une des trois parcelles restantes est encore propriété de la Sci D-G2., la deuxième a été acquise par Monsieur G2. fils, la troisième par un tiers.
2/ Sur les montants :
En ce qui concerne particulièrement le montant du bénéfice net réalisé au titre de cette vente par les époux Dord, il s’évalue de la façon suivante :
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Prix de vente |
150.000 € |
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Prix d’achat frais compris (95.000 + 8000) |
103.000 € |
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1/5ème des factures de viabilisation (factures C.) : soit 1/5ème de 139.205,58 TTC |
27.841,11 € dont 14.000 payés le jour de la réitération notariée, le solde étant en cours de paiement en suite de la réception du décompte définitif de l’entreprise C., faisant apparaître un solde de 70.601,73 € en date du 8 Juin 2007. |
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1/5ème facture EDF (4492,13€) |
898,43 € |
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1/5ème facture V. Géomètre sauf à parfaire (3000 €) |
600 € |
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Paiement de l’impôt sur la plus value réglé à ce jour |
8.940 € |
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Bénéfice réalisé |
8.720,46 € |
Il en résulte que les époux Dord n’ont pas réalisé, comme le prétend le requérant, un « bonus » de 55.000 € en un jour mais un bénéfice d’environ 8.700 euros sur une opération engagée un an et demi plus tôt.
En droit :
L’intention libérale du vendeur, que le Conseil a compétence pour apprécier, ne ressort en aucune manière des éléments de fait ayant présidé à la conclusion de cette vente, contrairement à ce qu’affirme le requérant.
En tout état de cause, et dans la mesure où ni Monsieur Dord ni Monsieur G2. n’ont réalisé d’apport personnel au titre du financement de la campagne électorale, il est impossible d’affirmer, comme le fait le requérant, que le disponible dégagé par cette vente, quelle que soit au demeurant sa qualification juridique, doit être regardé comme une recette « destinée au financement de la campagne » au sens des dispositions du Code Electoral et notamment de l’article L 52-4.





